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La jeunesse agricole nigérienne aux consultations nationales de la GCARD3

Pigeon pea in AfricaDans le cadre du processus de développement de la 2eme génération (2017-2022) de ses programmes de recherches globaux (CRPII), au nom du CGIAR, l’ICRISAT Centre Sahélien de Niamey, a organisé et conduit le 15 mars 2016, à son centre de formation et d’accueil ‘TVC’, l’atelier de consultation  sur l’intégration des sites du système CGIAR au Niger. J’ai eu l’honneur d’y prendre part en tant que membre de YPARD et responsable de l’Association Potentiel Terre.

CGIAR, c’est quoi ?

Le CGIAR est le groupe consultatif international pour la recherche agricole, composé  de 15 centres.  Dans le contexte des zones tropicales semi-arides, le Niger est l’un des 20 pays prioritaires où les innovations du CGIAR devraient impacter des millions de personnes dans la décennie à venir. 

Avant l’allocution du Directeur de l'ICRISAT CS du Niger, tous les participants ont brièvement présenté leurs institutions et les actions qu'ils conduisent au Niger :

  • Le SP/CNRA : le Secrétariat Permanent du Conseil National de la Recherche Agronomique représenté par Dr Baina DAN-JIMO, spécialiste semence du PSAO/PPAAO-Niger
  • INRAN : Institut National de Recherche Agronomique du Niger, représenté par le Directeur Scientifique Dr Salissou Issa
  • Le système CGIAR : ICRAF,  ICRISAT, ILRI, CCAFS, …
  • La recherche avancée : IRD représenté par Dr Oumarou Malam Issa Représentant Résident
  • YPARD-Niger : représenté par Zakari Hassane
  • Les ONG et Associations de Développement : Care International, Potentiel Terre, ONG GADEL, World Vision Etc.

Après les présentations, Dr Malick Bâ, représentant résident de l'ICRISAT et coordonnateur de l’intégration des sites, a souhaité la bienvenue à l’assistance et déroulé le programme de la journée avant de situer le contexte de l’atelier de consultation sur l’intégration des sites du système CGIAR. L’on retient essentiellement de cette présentation que la consultation vise à améliorer l’intégration et la coordination des sites dans les pays d’implantation de manière à harmoniser les actions de recherche aux priorités nationales. Les institutions du CGIAR opérant au Niger incluent : ICRISAT, ICRAF, ILRI, WLE, Africarice, Bioversity, CCAF, IITA, ICARDA.

Dr Malick Bâ a souligné que L’intégration des sites doit consister en une planification de :

  • L’alignement de la recherche,
  • La coordination des livrables (résultats)
  • L’intégration opérationnelle et des équipements

Dr Malick Bâ a précisé également que le plus important,  pour atteindre l’objectif d’une meilleure efficacité, efficience et d’un impact, est de capitaliser sur deux éléments qui constituent le nécessaire pour rendre fonctionnel et performant l’intégration des sites. Il s’agit :

  • De la  bonne compréhension des priorités nationales et de ce qui est planifié
  • Des mécanismes et partenariats avec les structures nationales et les tous les acteurs

Pour rendre possible l’atteinte de l’objectif de la consultation et afin de recevoir l’avis de tous les participants, 5 groupes de travail ont été mis en place. Chacun des groupes a travaillé et réalisé une présentation en plénière sur les points suivants : i) Préalable pour l’Intégration, ii) Opportunités en cours et futures, iii) Suivi du progrès et mécanisme d’évaluation de l’Impact, iv) Stratégie de Communication, v) Gouvernance et Coordination, vi) l’après.

Les priorités nationales (I3N) + présentation du SP/CNRA et PPAAO

Au Niger l’Initiative les Nigériens Nourrissent les Nigériens (I3N) est le cadre stratégique pour toutes les interventions. Dr Malick Bâ a rappelé le but de l’I3N, qui est de Renforcer et stabiliser la résilience de l’ensemble des nigériens/nigériennes et leurs systèmes de productions face aux risques écologiques, économiques , (sécuritaires)  et  sociaux par la  création  d’un continuum URGENCE-RELEVEMENT-DEVELOPPEMENT). A titre de rappel, les axes de l’I3N ont été présentés :

Axe 1 : Accroissement  et diversification des productions agro-sylvo-pastorales et halieutiques
Axe 2 : Approvisionnement régulier des marchés ruraux et urbains en produits agricoles et agroalimentaires
Axe 3 : Amélioration de la résilience des populations face aux crises alimentaires et catastrophes
Axe 4 : Amélioration de l’état nutritionnel des nigériens.

Les résultats du PPAAO, l’exemple d’un programme de développement

Le Programme de Productivité Agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO-WAAPP Niger) et le SP/CNRA  ont été présenté par Dr Baina : les différentes composantes, la gouvernance et les résultats obtenus par le programme. De cette présentation il est ressorti que le PPAAO est un projet d'envergure nationale et a touché près de 350.000 personnes, octroyé près de 80 de bourse Master et PhD, la diffusion de technologies éprouvées dans les domaines du développement rural sur plus de 550.000 ha, le développement et la diffusion de 6 nouvelles Technologies, le financement de 22 Projets sur fonds compétitifs et commissionnés ainsi que la mise en place de 18 Plateformes d’innovation pour améliorer les performances de diverses chaines de valeur. Au plan opérationnel, le PPAAO est mis en œuvre essentiellement par les agences d'exécution qui comprennent le SP/CNRA, le CNS, et divers services techniques. Concernant le SP/CNRA, il met en œuvre les fonds compétitifs qui financent des activités identifiées comme pertinentes par les bénéficiaires pour être exécutées par des équipes de recherche-développement.

En rapport avec le thème de l'atelier, le SP/CNRA est la personne concernée effectivement par la coordination des activités de recherche agronomique. Il faut noter que le CNRA a été mis en place en 2009, le SP/CNRA l'a été en 2012. Au nom du CNRA, le SP a esquissé le répertoire des institutions impliquées dans la recherche agronomique ainsi que les ressources humaines et les technologies développées. En outre un plan stratégique de la recherche agronomique est en cours d'élaboration.

Ainsi le SP/CNRA et le PPAAO-Niger sont des structures pouvant bien apporter un plus dans le cadre du présent atelier sur l'intégration des sites d'intervention dans le cadre du développement rural.

Contribution des Jeunes Professionnels dans le développement agricole : YPARD NIGER

Les travaux de groupe et les présentations en plénières ont permis de partager ce que fait YPARD au Niger et à travers le monde d’une part, et d’autre part, de faire un exposé sur les difficultés que rencontrent des jeunes agriculteurs et leurs aspirations afin que l’Agriculture soit un véritable business pour la jeunesse nigérienne.

Ce fût également l’occasion de partager avec l’assistance le défi de YPARD-Niger pour lequel la recherche a un rôle vital. Il s’agit de l’urgence de faire la promotion d’une nouvelle génération d’agriculteurs. Il était admis de toute l’assistance que la jeunesse représente l’avenir de l’Agriculture du fait de l’âge avancé de ceux/celles qui s’y adonnent vraiment. Nous avons suggéré de:

  • tenir compte de l’aspect âge dans le choix des personnes devant gérer les sites
  • tenir compte de la possibilité de rassembler des jeunes qualifiés et non scolarisés,
  • soutenir les jeunes et les femmes à pratiquer une agriculture de précision, adaptée au changement climatique et ouverte au marché
  • poursuivre l’implication des jeunes dans les débats à tous les niveaux : préparation, exécution, mise en œuvre et suivi-évaluation des actions de développement Agricole
  • faire de la jeunesse le fer de lance pour l’utilisation et la vulgarisation à grande échelle des techniques et technologies issues des résultats de la recherche

Parmi les réalisations au Niger, nous avons partagé le cas du projet de culture en hors saison de certaines spéculations comme le gombo, l’oignon, le maïs etc. Pour que la recherche agricole s’inscrive pleinement dans la durée, il s’avère important d’associer la rentabilité économique à la rentabilité productive, conditions sine qua non pour faciliter le retour à la terre. YPARD-Niger a identifié la possibilité de porter le projet, avec l’appui de l’ICRISAT et les bailleurs de fonds, incubateur de l’entreprenariat agricole qui est en phase test au Mali avec CCAFS.

Nous estimons que l’intégration est lancée au Niger car cette journée a permis à plusieurs acteurs de situer déjà ce dont ils ont besoin dans ce que certains font et pour d’autre d’apprendre qu’il y a des actions en cours qui s’alignent à leurs actions. Pour les jeunes professionnels dans le développement agricole (YPARD-Niger), cet atelier nous a permis d’apprendre, tant dans la forme que dans le fonds, la conduite des travaux. Nous félicitons l’ICRISAT pour avoir réussi à exécuter autant de tâche en un laps de temps et de nous avoir offert la possibilité de partager ce que nous faisons et le soutien dont nous avons besoin. Un grand merci au CGIAR pour l’organisation de l’atelier et l’honneur de nous y inviter, et à Dr Malick Bâ pour la coordination mais aussi pour nous avoir assuré que les portes de l’ICRISAT sont ouvertes à YPARD Niger.

Crédit - photo: ICRISAT