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Membre de YPARD ou la crise de la quarantaine ?

Homeless boys at City Mission Farm learning various vocational skills.

Marlene Heeb est le point focal pour YPARD à SDC - l’Agence Suisse de Développement et de Coopération: un supporteur clé des jeunes professionnels pour le développement agricole (YPARD) depuis ses début. A l’occasion du 10ème anniversaire d’YPARD, Marlene partage ses réflexions sur la vision d’YPARD et ce que ça représente, pour la SDC, « d’investir dans les jeunes » pour le développement agricole.

Qui sont les « jeunes » ?

Quand j’ai rejoint le programme global sur la sécurité alimentaire de la SDC en Septembre 2013, mes collègues m’ont présenté YPARD, sa structure et ses objectifs ; le tout semblait très convaincant. Il y avait seulement un aspect qui me posait question: YPARD définissait le « jeune » comme une personne de moins de 40 ans. Les jeunes n’ont-ils pas plutôt environ 20, voire 30 ans, mais certainement pas 39 ans ! Il me semble qu’au-delà de 40 ans on s’approche plus de la crise de la quarantaine que de la fleur de l’âge.

Mais avant d’être capable d’y réfléchir plus profondément ou de discuter de cette limite d’âge avec quelqu’un, j’ai eu une expérience qui a changé mes perspectives. J’ai assisté à la réunion préparatoire technique pour la Conférence Internationale sur la Nutrition 2 (ICN2) à Rome en Novembre 2013. Et ce que j’y ai vu m’a convaincu de l’interprétation de YPARD de ce qu’est un « Jeune ». Même si je ne suis pas douée pour deviner l’âge des gens, je peux vous assurer qu’il n’y avait personne en dessous de 40 ans sur n’importe quel panel de discussion pendant la réunion ! Probablement même pas en dessous de 50ans ! Ainsi, je n’avais plus de question concernant l’âge limite des jeunes à YPARD et son but d’amener plus de jeunes dans les discussions stratégiques liées aux politiques globales dans l’agriculture.

Pourquoi le SDC investit-elle dans les jeunes professionnels dans l’agriculture ?

A SDC, nous voyons, comme nous tous, que l’agriculture n’est pas une option professionnelle attirante pour la plupart des jeunes. Elle souffre d’une image négative, elle est perçue comme travail difficile avec peu de perspective de prospérité. Quand l’âge d’un agriculteur est environ plus de 20ans au-dessus de la moyenne d’âge nationale, quelque chose ne vas pas. L’agriculture n’est pas considérée comme « cool »  parmi les jeunes.

Ceci est un vrai défi pour notre futur, puisque l’agriculture est la base pour nourrir la population. Ainsi, les jeunes sont nécessaires dans ce secteur professionnel si nous ne voulons pas être affamés dans le futur ; et par-dessus tout,  si nous voulons accroître la nourriture et la nutrition pour toute les populations. Quand nous parlons de futur, c’est simplement cohérent que les personnes vivant dans ce futur : les jeunes d’aujourd’hui, soient impliqués à le définir et prennent des responsabilités pour lui donner forme.

Trouver des solutions au manque de participation active des jeunes est urgent. Les jeunes qui veulent être impliqués dans des débats politiques et la génération précédente qui veut connaitre les perspectives des jeunes lorsqu’ils discutent des stratégies pour le futur doivent savoir où et comment se contacter et se rencontrer. Nous voulons que YPARD soit ce point de rencontre autour des aspects liés à l’agricoles. C’est ce qui a attiré la SDC à investir dans YPARD.

Qu’est-ce que la SDC espère de son investissement ?

YPARD comptait 10,000 membres en 2014; nous espérons voir cela doubler d’ici 2018 et assurer que la moitié ne soit pas seulement impliquée virtuellement, mais fasse aussi quelque chose sur le terrain afin de rendre l’agriculture plus attirante pour les jeunes : en inspirant les jeunes par exemple, en face-à-face et sur le terrain, que ce soit des agriculteurs, des éleveurs, des jardiniers, mais aussi des agro-entrepreneurs en action, des fournisseurs de semences ou tout prestataire de services importants pour faciliter la production agricole !

Trouver des stratégies pour l’inclusion de jeunes pas seulement dans un mais dans la plupart des programmes de recherche du CGIAR et autres institutions clés et voir des fonctions clés occupées par des personnes autour de 40, sera notre plus grande satisfaction.

Des programmes de mentorat de diverses formes ont étés lancées par YPARD et nous espérons une analyses minutieuses de ces programmes pour assurer des réponses optimales, l’utilisation des ressources et un format effectif pour les bénéficiaires, afin que cela s’étende dans le monde entier.

Si, à la prochaine conférence internationale sur la nutrition on commence à se demander si les expériences des seniors sont suffisamment prises en compte, parce que la plupart des membres des panels sont très jeunes, on saura que YPARD a fait un long parcours !

Nous remercions la SDC – l’Agence Suisse de Développement et de Coopération pour leur soutien inestimable à YPARD depuis ses débuts. Nous n’aurions pas pu être là où nous sommes aujourd’hui sans leur engagement constant pour la jeunesse.

Merci !

Restez avec nous tout au long de l'année 2016 sur http://www.ypard.net/fr/célébrons-les-10-ans-de-ypard et prenez part aux célébrations!

Photo par Ness Kerton pour AusAID