MENU

Language

Show contents for

Les énergies renouvelables, une opportunité d’investissement pour la RDC ?

La RDC, avec son territoire très étendu, a un taux d’accès à l’électricité dans les zones rurales d’à peine 6 %, soit parmi les plus faibles du monde. Les systèmes hors-réseau et la technologie nécessaire pour les rendre accessibles aux foyers les plus pauvres ont atteint un point de basculement au cours des cinq dernières années. Dans ce contexte, étendre la couverture du réseau électrique national, alors que les lignes électriques sont peu nombreuses et disparates, risquerait de prendre des décennies et nécessiterait des investissements massifs.

Ce 2 et 3 juillet, une conférence organisée par l'Association congolaise pour les énergies renouvelables et décentralisées, ACERD, en partenariat avec le programme ÉLAN RDC, explore comment les investisseurs, les gouvernements et les partenaires de développement peuvent libérer le plein potentiel de ce marché.

Miser sur les énergies renouvelables

Le sous-développement du réseau électrique crée des opportunités de fourniture d’électricité hors réseau et en énergie solaire domestique dans la plupart des régions du pays. Les seuls districts du pays où le taux d'accès à l'électricité atteint ou dépasse 20% sont Kinshasa, Sakania, Kipushi, Beni et Moanda. Les 12 autres districts ont un taux d'accès inférieur à 5%.

La fragmentation du réseau actuel constitue un obstacle majeur à l'expansion de l'accès à l'électricité. Il existe actuellement trois réseaux : le réseau Ouest (couvrant les provinces du Kongo Central et de Kinshasa), le réseau Est (couvrant les provinces du Nord et du Sud-Kivu) et le réseau sud (couvrant les provinces du Haut-Katanga et de Lualaba). La liaison Inga-Kolwezi relie les réseaux Ouest et Sud. Environ 50 millions de personnes sont hors d'atteinte du réseau, soulignant le potentiel énorme du marché de l'énergie solaire hors réseau.

Le potentiel du marché des systèmes hors réseau est estimé à 921 millions de dollars américains par an. Pourtant, l'utilisation par les ménages de produits solaires hors réseau et de foyers améliorés reste relativement faible. Les principaux acheteurs de ces systèmes sont essentiellement les communautés religieuses, les centres de santé, les institutions financières et les grandes organisations similaires.

Actuellement, les vendeurs informels de rue dominent le marché des produits domestiques hors réseau malgré la présence de fabricants et de distributeurs formels de technologies performantes et de haute qualité en RDC. Les vendeurs informels vendent généralement des lampes rechargeables LED de mauvaise qualité à bas prix, avec une durée de vie allant de quelques jours à six mois.

Les ménages ruraux sans accès au réseau électrique ont généralement recours à des technologies peu sûres et coûteuses comme les lampes à pétrole, les piles ou les bougies pour l'éclairage et la biomasse (bois de chauffage, charbon de bois et déchets) pour la cuisine. Les niveaux de rayonnement solaire en RDC sont suffisants pour assurer la viabilité des systèmes solaires domestiques dans les zones rurales. La situation géographique de la RDC fait des produits solaires hors réseau une option plausible pour répondre aux besoins d'éclairage des ménages avec des débouchés potentiels considérables. Selon les estimations de la Banque mondiale, si chaque ménage hors réseau achetait au moins une unité, le marché des systèmes solaires pourrait croître jusqu'à 1,3 million de produits d'éclairage hors réseau en seulement quelques années. Cela représenterait environ 30 millions de dollars américains et permettrait d'économiser jusqu'à 30 millions de litres de pétrole par année (34 millions de dollars américains).

Des solutions alternatives : les foyers améliorés

Des projets de taille modeste autour des énergies renouvelables sont susceptibles aujourd’hui d’accroître de façon significative l’électricité disponible. Actuellement, plus de 96% de la population en RDC utilise le bois et le charbon de bois pour cuisiner, tandis que la part des foyers améliorés reste négligeable.

Le potentiel commercial des foyers améliorés est important dans la province du Nord-Kivu, où plusieurs initiatives menées par des ONG ont contribué à la distribution à grande échelle de foyers améliorés au cours des dix dernières années. Cependant, le manque d'assurance qualité des foyers sur le marché a empêché les opérateurs privés et les programmes des ONG d'étendre leurs activités dans les zones rurales. En outre, malgré la contribution de nombreux acteurs humanitaires au Nord-Kivu, aucun projet n'a atteint la viabilité économique ou n'est devenu autosuffisant.

L'un des principaux obstacles au développement du secteur est son degré élevé d'informalité qui réduit son attractivité pour le gouvernement et les institutions financières. Les plus grands défis, cependant, sont le pouvoir d'achat limité des utilisateurs finaux et le faible coût du charbon de bois en RDC. Des incitations économiques pour les communautés locales sont donc nécessaires pour parvenir à une gestion durable des ressources.

Ce genre de projets peuvent permettre d’augmenter l’accès à l’électricité pour les Congolais, et offrir donc des solutions alternatives aux congolais particulièrement dans les zones rurales.

Le chemin est encore long avant que la RDC puisse fournir des services modernes d’accès à l’électricité à l’ensemble de sa population même dans les coins les plus reculés. Mais avant que cela se réalise, une double stratégie est nécessaire : il faudrait inclure non seulement des projets nationaux de grande envergure mais aussi des projets plus modestes, permettant au pays de valoriser la diversité de ses sources d’énergie, en particulier renouvelables.