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Freiner la fuite des jeunes chercheurs

Michael Osei is a young scientist at the Crops Research Institute of the Council for Scientific and Industrial Research (CSIR-CRI) in Ghana and the Ghanaian representative for the Young Professionals in Agricultural Research for Development (YPARD) platform. In 2010, he came fifth in a CTA competition for young scientists in Africa and in 2011 he won a bronze award for the National Best Young Ghanaian Scientist prize.Cet entretien avec Michael Osei, le représentant d' YPARD au Ghana a été originellement publié par le CTA dans Spore Magazine, No 164, Juin-Juillet

Michael Osei est un jeune scientifique à l’Institut ghanéen de recherche sur les cultures du Conseil pour la recherche scientifique et industrielle (CSIR-CRI) et le représentant du Ghana au sein de la plate-forme des jeunes professionnels pour la recherche agronomique pour le développement (YPARD). En 2010, il a été classé cinquième d’un concours du CTA pour les jeunes scientifiques africains et en 2011 il a gagné une médaille de bronze pour le prix du meilleur jeune scientifique ghanéen. © M. Osei

En Afrique, les jeunes chercheurs du secteur public agricole affrontent bien des obstacles. En dépit de leur passion, ils sont très tentés de quitter les centres de recherche institutionnels pour rejoindre les sociétés privées ou même partir à l’étranger. Une tentation que des partenariats public-privé pourraient atténuer…

Après les prix que vous avez obtenus, êtes-vous tenté de travailler pour un centre de recherche privé ou à l’étranger ?

Et bien, si le salaire est intéressant et la motivation forte, pourquoi pas. Je pourrais partir travailler dans un autre pays. À l’heure actuelle, le gouvernement du Ghana essaie de mettre en place une structure salariale unique, qui ne marche pas bien, mais dont nous espérons qu’elle améliorera nos conditions de travail lorsqu’elle sera menée à bien. Ce ne sont toutefois pas juste les salaires qui sont en cause, mais les ressources, les infrastructures et les fonds nécessaires pour effectuer de bonnes recherches.

Ces prix ont-ils changé vos conditions de travail au CSIR-CRI ?

Les prix m’ont donné une reconnaissance et une plus grande confiance en moi, et m’ont permis de travailler avec d’autres scientifiques à l’extérieur du Ghana, dont certains de YPARD

Les réseaux comme YPARD sont-ils importants ?

YPARD m’a offert l’occasion de travailler en réseau et de bénéficier de fonds pour participer à des conférences, des ateliers et des formations. Surtout, YPARD a approfondi mon intérêt pour la recherche agronomique en me permettant de saisir de nombreuses opportunités encore inexploitées, liées à l’agriculture. Actuellement, je promeus les activités de YPARD au Ghana. Ma démarche consiste à présenter des exposés en PowerPoint dans certains instituts de recherche et universités publics du Ghana. Ainsi, j’espère que de nombreux jeunes étudiants et scientifiques œuvrant dans le secteur agricole pourront accéder à certaines de ces opportunités. L’objectif est de garder davantage de jeunes dans le secteur agricole, qui constitue à l’heure actuelle l’ossature de chaque pays.

Quels sont les principaux défis auxquels les jeunes chercheurs africains du secteur agricole doivent faire face ?

Au Ghana, un jeune scientifique peut travailler pour le ministère de l’Alimentation et de l’Agriculture, pour les instituts de recherche gouvernementaux contrôlés par le CSIR, dans les universités ou les ONG. Mais les jeunes chercheurs sont confrontés aux faibles financements consacrés à la recherche et à un manque d’infrastructures et de ressources. Les gouvernements africains ne rendent pas la recherche agronomique attractive car dans l’ensemble les salaires sont faibles, il y a peu d’incitation à la recherche et la communauté ne reconnaît pas le travail accompli dans ce domaine.

Le gouvernement ghanéen pourrait consacrer un pourcentage plus important du PIB à la recherche et mettre en place des fonds conséquents. Dans la situation actuelle, le gouvernement n’assure que les salaires et les scientifiques doivent trouver des fonds ailleurs pour effectuer leurs recherches. Dans certaines institutions, les gens touchent leurs salaires sans produire de résultats parce qu’il n’y a pas de financements pour la recherche. Si aucune mesure n’est prise dans ce domaine, la fuite des cerveaux continuera.

Qu’est-ce qui vous a attiré vers ce domaine ?

J’ai poursuivi l’étude de l’agriculture à l’école secondaire parce que j’obtenais toujours de bonnes notes en sciences et que j’avais une passion pour le jardinage. Après l’université, j’ai été employé par le CSIR-CRI et mon intérêt pour la recherche s’est encore accru. La meilleure façon de faire de la recherche agronomique et d’aider mon pays était de me faire engager dans un institut de recherche.

Les partenariats public-privé représentent-ils une bonne manière de développer la recherche ?

Les partenariats public-privé (PPP) garantissent la meilleure utilisation possible des innovations du secteur public par les agriculteurs. En général, dans le secteur des semences, ce sont les sociétés privées qui ont le meilleur contact avec les agriculteurs, et le plus fiable. Les semences améliorées développées par la recherche publique resteraient des réalisations purement symboliques si des sociétés privées ne percevaient leur valeur commerciale et les profits qu’elles promettent et ne les proposaient aux utilisateurs finaux. Dans le secteur de la recherche, l’importance des PPP ne saurait être trop soulignée.

Personnellement, j’ai bénéficié des partenariats public-privé. Au cours d’un atelier annoncé sur le site web de l’YPARD, le directeur d’une usine de conservation de tomates m’a demandé de faire du travail de sélection pour son établissement. Ce travail, financé par l’usine, bénéficiera au secteur public. Lorsqu’une variété particulière de tomate sera mise en circulation, les agriculteurs pourront la cultiver et vendre les tomates à l’usine.

J’ai aussi obtenu des fonds d’organisations internationales pour des travaux de recherche. Je travaille actuellement sur un projet KAFACI (Korea-Africa Food and Agriculture Cooperation Initiative) de trois ans sur la tomate, pour lequel je me suis porté candidat et que j’ai gagné, et sur un projet de gestion intégrée des ravageurs pour la tomate et le chou qui est financé par l’USAID par le biais de plusieurs universités américaines.